Ma Muse en Mer, un poême marin

mer-nocturne

Ma Muse en Mer.

 Lorsque tout dort,
Gagnons le port.
Muse légère,
Embarquons-nous.
Les vents sont doux:
Quittons la terre.

 Pégase hennit.
Le temps s’enfuit:
Bridons la selle ;
Passons le mors.
Loin de ces bords
Vogue, nacelle.

 Mon beau coursier,
Vois-tu briller
La petite Ourse?
A sa clarté,
De ce côté
Conduis ta course.

Nous y voilà.
Arrêtons là.
Ma Muse, embarque;
Zéphyrs, soufflez,
Et dirigez
Ma frêle barque.

 Nous démarrons,
Et nous voguons
Sur l’onde pure,
Qui doucement,
En ce moment,
Roule et murmure.

 Au firmament
Étincelant,
L’étoile brille,
Et du Berger
Le feu léger
Au loin scintille.

 Aux cieux tu luis,
Flambeau des nuits,
Lune argentée,
Et dans la mer
Au flot amer
Es refletée.

 Ma Muse alors,
Dans les transports
D’un doux délire,
L’air inspiré,
L’oeil égaré,
Saisit sa lyre.

 A ses accents
Mêlant ses chants,
D’une voix pure,
Elle peignait
Le vif attrait
De la nature.

Bientôt le jour
Vint à son tour;
La belle Aurore
Quitta son lit,
Et la surprit
Chantant encore.

6 Novembre 1847.
Dans la Mer des Indes.
Émile Guy.

 Sources: La Mer, ou Poésies d’un marin, par Émile Guy. 2e édition. 1873./P. 3

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