Quelques mots sur … RIEN

Tout a commencé avec un petit dialogue de rien du tout, simplement sans arrière-pensée, sans vouloir passer le reste de la journée à philosopher sur rien.

Alors voilà, j’ai demandé à un ami, qui me semblait un peu abattu :

Mais, qu’est-ce que tu as ?
Rien ! Je n’ai rien, c’est simple, non ?
Ah, bon ! … Mais tu as quelque chose qui te travaille ?
Moi, non, je n’ai rien ! J’ai tout ce qu’il me faut !
Ah bon ! mais si tu as tout ce qu’il te faut, tu n’as pas rien… je vous laisse imaginer le reste.

Alors, arrivé à ce point j’ai commencé à douter : Rien, cela veut dire quoi exactement ce « Rien ».

Madame Google étant une bonne amie, je lui ai posé la question, et là je ne vous dis pas, ce n’était pas rien.
Résultat : 59’500’000 de liens de recherche, pour rien, ce n’est déjà pas mal, hein !
Cela vous coupe la parole !
C’est déjà une preuve que Rien, ce n’est pas rien.

Avant de me lancer dans les limbes d’internet, j’ai pris en main un livre, enfin le Livre des livres, comme certain le nomme, et en commençant à lire, déjà je dois conclure qu’il n’y avait Rien avant.
Oui bien sûr pas tout à fait rien, mais presque rien quand même…donc je cite :
« 1. Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre.
2. La terre était informe et vide : il y avait des ténèbres à la surface de l’abîme, et l’esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux. »
Et avant ?
Y avait-il quelque chose ou pas ?
Certain me répondront : Il y avait Dieu.
Je répondrais avec une question : Mais avant qu’il ait créé quoi que ce soit il n’y avait rien, ou bien ?

A vrai dire, nous ne le savons pas, nous pouvons spéculer, nous pouvons croire ou ne pas croire nous n’en savons Rien.

Je ne sais pas, mais ce pourrait-il que le mot Rien, soit un des plus anciens mots que l’humain ait pu connaitre et utiliser ?

Je vois monsieur Cro-Magnon sortir de la Grotte, fouiller de son regard le paysage se présentant à lui et répondre à son épouse lui demandant : « Que vois-tu mon Ours ? » « Euh, je ne sais pas ma biche, rien je ne vois rien… »
Probablement une matinée brumeuse ; cela expliquerait qu’il n’est rien vu.

Ce Rien est tenace, et depuis la nuit des temps il nous suit, nous poursuit, nous persécute, un vrai stalker, un vrai fléau ce rien.

Rien, partout il n’y a rien, on ne fait rien, je n’ai rien fait, je ne fais rien, je n’ai rien pu faire, etc. : voilà ce qui est répété bien souvent et ce qu’aujourd’hui je crie à qui veut l’entendre. Je n’ai rien fait !
Mais ce n’est pas parce que je n’ai rien à dire, que je vais le garder pour moi ! et bien NON, même quand je n’ai rien à dire je veux que le monde le sache.

Mais là je ne suis pas seule, le monde est plein de personnes n’ayant rien, ne faisant rien, parlant beaucoup et de tout, tout en ne disant rien, et il est temps de commencer à en parler.
Ah, oui, je vois !
Certain vont me dire : « Mais de quoi veut tu parler, si tu veux parler de Rien ? »
Pardi ! c’est simple, de RIEN ! … a part, peut-ètre de …
Regardez l’état du Monde, de la société, de l’humanité.
Regardez l’état lamentable de notre planète et de l’effet de ce rien.

Parait même que certain on moins que rien et cela de plus en plus.
Avoir moins que rien, est la preuve que rien, c’est déjà quelque chose. Parait même que dans les supermarchés certain articles son vendu pour trois fois rien, donc pas cher … alors, ce rien a une valeur, est quelque chose.

Et comme souvent, dans des cas similaires et bien qu’en ne faisant rien, j’ai laissé filer mes pensées, réfléchi sur moi, sur le monde, la société et l’état de beaucoup de choses. Certainement le fait de réfléchir sur le fait de ne rien faire, c’est déjà faire quelque chose. Je ne pense à rien, mais je pense à ce mot, donc, comme disait mon ami Descartes, je suis, ce qui est déjà une chose, et donc pas rien.

Paraitrait même que « Qui ne risque rien n’a rien ».  Je ne dirai pas combien ces idées m’ont tourmentée pendant longtemps. Seulement il me semble qu’il est temps, puisque je crois avoir conquis un peu de liberté, de chercher à me dédommager en les communiquant au grand jour et à tout le monde.

J’écris à tous et pour tous, grands et petits, riches et pauvres, et en cela je n’ai d’autre but que le bien-être de la société tout entière pour laquelle je répète encore qu’on ne fait rien, rien du tout.

Tout le monde sait bien que la vie est un long fleuve tranquille, bien que quelquefois ce fleuve semble plutôt ressembler à un torrent, mais bon, je ne vais pas chipoter là-dessus, y aurait beaucoup à dire là-dessus, mais là je suis occupée, même si ce n’est avec rien.

J’ai donc affronté le courant et bientôt j’ai découvert des promontoires, des sommités où vivent, et même cherchent à s’acclimater quelques enfants de l’intrigue et du tumulte, tous ceux qui justement ne font pas rien, tous ceux qui on entre leurs mains les rênes du pouvoir, les décideurs plus ou moins accepter par les populations. Tous ceux qui dirigent la politique, les médias en tous genres, l’économie, tous ceux qui influent sur notre vie.

C’est là que j’ai pu contempler un moment, les sources indescriptibles et à nulle autre pareille. Je ne pourrais en effet donner une idée du vacarme assourdissant que produisent les flots en tombant des hauteurs rencontrant les eaux bourbeuses et bouillonnantes qui sortent des entrailles de la terre avec des efforts saccadés, capables quelquefois d’ébranler toute la montagne.

Je suis toute fois contente de savoir que toute l’assourdissante cacophonie des médias de tous bord descend de cette source ; que certains publicistes sont tout au plus comme des filtres par où passent ces eaux troubles, et qu’après qu’ils s’en sont eux-mêmes gargarisé la bouche, les rendent à la société tout entière plus troublées qu’auparavant.
Avec un pareil breuvage, qu’on ne s’étonne pas si la société humaine périclite, mais qu’on sache qu’avec de tels procédés, le chaos ne peut que grandir.

A ce point, j’en appelle à tous ceux qui jusqu’à ce jour étaient d’avis que de ne rien faire est la formule la plus simple, de commencer à faire plus que rien.
Il est temps d’abandonner ce verbiage inutile ; il est temps de peser et analyser chaque mot, chaque action, chaque décision prise par nos dirigeant.
Qu’on finisse une fois pour toutes de souffler sur les charbons ardents des idéologies, des nationalismes, des Religions, qui ne sont bons qu’à allumer des guerres et multiplier les malheurs.

Que tout le monde et pas seulement le monde politique ou économique comprenne, une bonne fois, que les parties défavorisées des sociétés humaines, tous ceux au bas de l’échelle, tous ceux appelés communément les pauvres gens, ceux qui ont autre chose à faire pour vivre que de se mêler de politique, qui supportent péniblement le poids du jour et de la chaleur, enfin tous ceux qui ont Rien ou même mois que Rien, qu’ils comprennent dis-je, ces Présidents, ces Rois et Empereurs, ces Ministres, ces Députés, ces Journalistes, ces Technocrates, et tous ceux que la vie a favorisés, que ces pauvres gens de tous pays, des villes et des campagnes sont bien indifférents de savoir même qui les gouverne; si ce sont des républicains ou des démocrates, des monarchistes, des socialistes ou des communistes ou même des autocrates ou des dictateurs.
Tout ce qu’ils désirent c’est qu’on les laisse tranquillement vaquer à leurs travaux, qu’on procure du travail à ceux qui en manquent et qu’on ne vote pas éternellement des projets de loi pour augmenter les impôts et leur prendre le peu qu’ils ont. Voilà ce que les peuple désire.

Oui tout cela n’est pas RIEN et je sais bien qu’il est facile de faire ranger des mots dans de grandes phrases… nous le constatons tous les jours.

Mais soyez conscient que, de faire un peu plus que rien, peut changer le Monde.

Pour terminer, je vous cite un autre Grand Homme des sciences qui s’occupait beaucoup avec « Rien », oui, vous aurez deviné, je parle d’Antoine Laurent Lavoisier, qui est la source de la fameuse maxime « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme », qui en fait est une paraphrase du philosophe grec présocratique Anaxagore : « Rien ne naît ni ne périt, mais des choses déjà existantes se combinent, puis se séparent de nouveau ».
Alors dans son « Traité élémentaire de chimie » de 1789, Lavoisier parle de la matière en ces termes : « On voit que, pour arriver à la solution de ces deux questions, il fallait d’abord bien connaître l’analyse et la nature du corps susceptible de fermenter, et les produits de la fermentation ; car rien ne se crée, ni dans les opérations de l’art, ni dans celles de la nature, et l’on peut poser en principe que, dans toute opération, il y a une égale quantité de matière avant et après l’opération ; que la qualité et la quantité des principes est la même, et qu’il n’y a que des changements, des modifications. »

C’était déjà plus que Rien.

Ce Rien, lui, a changé le Monde.

Gwenaelle de Ardevon

 

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